La Vérité sur l’Affaire Harry Québert – Joël Dicker

Il y a des bouquins, on en entend parler, on nous en dit « du bien », on est intéressé mais le temps passe et on ne sait pas pourquoi, on ne le choisit jamais !

C’était sans compter sur mon envie récente de lire un livre « sérieux » genre policier. Je regarde ce que contient mon Kindle, et « Humm … la vérité sur l’affaire Harry Québert ». Rah j’hésite. Je ne suis pas sûre d’aimer. Je tweete, j’arrête de réfléchir et je me lance dans la lecture.

Dicker_la_verite_sur_l_affaire_harry_quebert

L’histoire

Martin Goldman est un écrivain à succès. Du moins, son premier livre a eu un succès fou. Alors quand il s’aperçoit que l’inspiration lui échappe, il se rend chez Harry Québert, son ami, son professeur d’autrefois, son mentor mais également grand écrivain.
C’est alors qu’Harry est accusé du meurtre d’une jeune fille qui a eu lieu il y a 30 ans. Alors qu’il ne veut pas abandonner son ami, Marcus est confronté à un dilemme : laisser l’opinion publique détruire Harry ou enquêter et raconter la vérité, au point de détruire sa propre carrière ?

Suspense et émotion

Je ne m’attendais à rien en commençant à lire. Pas d’à priori, pas d’attentes particulières, pas de doutes. J’avais plus envie de lire un livre « qui me tente » qu’autre chose. Car finalement, c’est aussi ça la lecture. Se laisser porter. Se laisser emporter. Bref. J’avais juste envie de lire ce livre. Sans avoir besoin de me justifier.

Au bout de quelques chapitres, j’ai commencé à vraiment entrer dans l’histoire, à être prise par le questionnement, les doutes, les suppositions, voire même les évidences. Joël Dicker nous livrant ici un livre qui grimpe doucement vers l’émotion et le suspense.

L’intrigue est amenée doucement au lecteur de façon à lui laisser prendre connaissance du contexte, des personnages, de se faire « un premier avis » sur leurs personnalités.

Bien qu’il nous dévoile une partie de l’intrigue et le moment « où tout a changé », Joël Dicker nous fait oublier avec beaucoup de talent ce prologue afin que l’on se recentre sur les prémices de l’histoire. On garde en mémoire l’événement à venir, on l’attend presque, et pourtant, petit à petit, on l’oublie, pris par l’histoire.

Tout au long du roman, l’auteur associe le registre du suspense à celui de l’émotion, tout en ayant un style léger et agréable qui entretient l’envie d’enchaîner sans arrêt les chapitres.

Itinéraire de lecture

Au cours du roman, l’auteur nous livre un tas de suspects, tous aussi « crédibles » et « innoncents » les uns que les autres. Puis il multiplie les doutes, les fausses routes et les révélations. Il joue sur les tableaux de la psychologie, du souvenir, de l’imagination, de la réflexion, de l’enquête, ce qui offre une richesse de rebondissements à l’histoire.

On se retrouve d’un coup confronté à un énorme paquet de nœud où chaque fil que l’on tire empire plus la situation qu’elle ne l’améliore. Et quand la vérité semble proche, un nouveau nœud surgit.

Il arrive même à nous faire oublier certaines infos essentielles, infos pourtant évoquées plusieurs fois dans l’histoire, pour nous les ressortir au moment le plus dérangeant (et au moment où on les a totalement sorties de notre esprit bien entendu !). A ce moment là, un « ah mais carrééééément , j’y pensais pluuuuus, naaaaaaan » est sorti de ma bouche, avec un air ébahi, à tel point que je me suis sentie totalement naïve. Car oui, on essaye de résoudre nous même l’énigme avant d’en connaître la solution, mais si on n’est pas capable de se souvenir des questions essentielles … la vérité s’éloigne.

Joël Dicker a donc joué avec mes nerfs mais il l’a fait avec tellement de talent que j’ai juste envie de le remercier et de l’applaudir.

Et si trop de suspense tuait … la fin ?

Je dois vous avouer un truc … Le lendemain de ma lecture, j’avoue m’être posée quelques instants et avoir réfléchi au livre. Et j’ai eu du mal à me souvenir du coupable, du mobile de son crime et de l’implication de certains personnages. Je me souvenais par contre très bien des fausses pistes, des suspects, des événements. Mais j’avais plus de mal avec le dénouement.

Résultat, moi l’amatrice de chick-lit et romances, je m’interroge : l’intérêt du style policier est-il vraiment dans le dénouement de l’histoire ou est-il dans l’enquête, les pistes, les suspects, les histoires des personnages ? (le débat est ouvert).
Je m’aperçois que les policiers jouent beaucoup plus sur le côté psychologiques et personnages que j’aurais pu le croire avant de commencer à lire ce genre. Car oui, je remarque que les événements comptent beaucoup plus que le dénouement en lui même et que ce sont les étapes permettant de résoudre l’enquête que l’on garde en mémoire (et je m’aperçois qu’il y a souvent des histoires d’amours dans les policiers, alors forcément, ça aide).

Mon avis

J’avais à peine entamé ma lecture que je savais que j’allais aimé et dévorer ce livre.

Bien construit, bien écrit, plein de bon sens, de sentiments, de talent, ce livre est mon premier coup de cœur de l’année !

D’ailleurs, je l’ai déjà conseillé à ma tante (qui se lance avec ce livre dans la lecture numérique). Mais également à mon papa. Et puis à ma mère. Et je continuerai à le conseiller à quiconque aimer les policiers ! (ou les histoires d’amour avec du suspense …)

Pour finir, je pense que 2014 sera donc placé sous le signe de la découverte du style policier, et des auteurs talentueux, même si ça doit se faire au détriment de quelques romances …

note_5_5

coup_de_coeur

One thought on “La Vérité sur l’Affaire Harry Québert – Joël Dicker

Laisser un commentaire