Pas son genre – Philippe Vilain

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L'histoire

Il est professeur de philosophie, elle est coiffeuse. Contraint de quitter la capitale pour enseigner à Arras, le premier rencontre la seconde sans vraiment la remarquer. Langage, goûts, références… tout les oppose, et pourtant, elle devient son amante. Le mépris et l’ennui se profilent à l’horizon, mais qui croit mener le jeu peut bien être joué. Une réflexion drôle et mélancolique qui décortique le choix amoureux, le racisme des sentiments et l’absurde de l’amour.

Mon avis

J’avais vu la bande annonce du film au ciné. J’ai voulu aller le voir mais le temps que je me réveille, il n’était plus à l’affiche. Et j’ai oublié. Puis lors de ma visite au Salon Lire en Poche 2014, j’ai vu le livre. Honte sur moi ! Je ne savais pas que le film était en fait une adaptation… Je me suis alors souvenue que je n’avais toujours pas vu le film. Alors j’ai acheté le livre, que je me suis alors promis de lire avant de visionner le film. Philippe Vilain étant présent, j’en ai profité pour obtenir un petit message personnalisé.

Il y a quelques jours, profitant de mon opération « Ménage littéraire de Printemps », j’ai plongé dans le livre.

J’ai eu un peu peur en commençant ma lecture. Il faut dire que le premier chapitre nous livre une introspection des pensées du narrateur avec un côté philosophique très prononcé, ce qui est propre au narrateur sachant qui est prof de philo.

J’ai eu peur que tout le bouquin soit ainsi. Parce que sans avoir totalement détesté la philo au lycée, je n’étais pas non plus une grande fan. Et il faut dire que j’avais envie de lire ce bouquin pour son côté divertissant, pour le « plaisir de lire », et non pas pour me prendre la tête à comprendre la vision philosophique d’un mec.

Heureusement, le cours de philo a pris fin au commencement du second chapitre. Ce premier chapitre était malgré tout important pour comprendre, par la suite, le narrateur, son fonctionnement, ses pensées et ses peurs.

« Pas son genre » invite alors le lecteur à suivre tranquillement les réflexions de Clément, sa rencontre avec Jennifer, ses pensées, toujours. Chaque action, chaque événement, ou presque, est augmenté de ses pensées, ses réflexions et son ressenti.

J’ai d’ailleurs trouvé l’histoire assez intéressante car, pour une fois, elle permettait au lecteur de se placer du côté « masculin ». En effet, un homme dont l’esprit bouillonne nous livre ses réflexions alors qu’il est face à une femme dont on ne sait ce qu’elle pense. Comme si les rôles étaient inversés. Car oui, souvent dans les livres que je lis, ce sont les pensées d’une femme « qui réfléchit trop » que je découvre, tandis qu’en face on a un mur, un bloc … un homme qui cache ses sentiments.

À cela il faut ajouter les différences sociales et culturelles. Lui est prof de philo, elle est « simple » coiffeuse à Arras. Ils n’ont pas les mêmes références, pas le même passé, pas les mêmes envies, pas la même vision du monde et des événements qui arrivent. Et quand ils prennent conscience de ces « différences », le jugement et le regard de l’extérieur modifient leurs relations. Si cette place accordée au jugement est importante, je l’ai trouvé bien amenée, argumentée et exprimée de façon réaliste.

« Pas son genre » est un livre qui se lit facilement, avec plaisir, écrit avec justesse, finesse et fragilité.

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Mon avis sur le film

J’avais à peine terminé le livre que déjà le film était lancé. Parce que j’avais toujours envie de le voir, encore plus après ma lecture et j’avais surtout envie de voir l’adaptation. Car le livre est très orienté philosophie et pensées du narrateur, et j’étais curieuse de savoir comment toute cette histoire avait été mise en images.

Je n’ai pas été déçue du film, ce qui est rare. J’ai trouvé le scénario fidèle au roman, malgré l’ajout / la suppression de certaines scènes. La philosophie et les pensées du narrateur prof de philo étaient moins présentes mais de la même façon qu’un livre n’a pas le même but et public qu’un film, il faut s’adapter.

Le personnage de Jennifer a une place plus importante dans le film, ce qui m’a finalement fait regretter que le livre n’ait pas eu 2 voix, afin de mieux comprendre la relation. Mais bon, le livre m’a quand même permis d’apprécier la part de mystère de Jennifer.

Les deux acteurs étaient pour moi parfaits dans les rôles, réalistes et justes. Et entre sérieux et exubérance, tout cela n’était qu’une question de dosage, un dosage parfaitement maitrisé !

J’ai donc autant apprécié le livre que le film, que je trouve finalement complémentaires. Je suis donc plus que ravie d’avoir (enfin) pris le temps de découvrir ces deux œuvres, leurs messages et leurs espoirs.

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