Prendre l’air [Atelier d’écriture #17]

Cette semaine, Leiloona nous propose une photo de Julien Ribot !

Bonne lecture 🙂

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Julien Ribot

PRENDRE L’AIR

Ce soir c’est le grand soir.

Des semaines qu’elle l’attend. Des semaines qu’elle le prépare. Des semaines qu’elle vérifie que rien ne viendra entraver la réussite de son projet.

Mais quand l’averse commence à tomber, c’est la douche froide. Émilie se précipite dehors et enlève tout ce qui est accroché. Jérémy la rejoint et l’aide. Tout ce qui était accroché sur le fil se retrouve dans le panier. Jérémy rentre tout à l’abri.

– Ce n’est qu’une averse, ça va passer. Ne t’inquiète pas. On finit de préparer les tables à l’intérieur et dans 10 minutes on retournera dehors. Je te le promets.

À peine 5 minutes plus tard, l’averse est terminée. Il est 17h35, les premiers invités vont arriver vers 18h00. Il n’y a pas de temps à perdre. Elle attrape un torchon, essuie fils et pinces à linge et remet tout en place.

Au bout de 20 minutes, tout est prêt. Les nuages sont partis. Le soleil devrait les accompagner pendant 2 bonnes heures encore. La lumière est jolie, les rayons éclairent le talent d’Émilie.

Ses parents arrivent alors. Ce sont les premiers. L’angoisse monte en elle. Jérémy lui sert la main et lui souffle quelques mots à l’oreille. Son travail est magnifique, tout le monde va être fière d’elle.

Ses parents la serrent dans leurs bras et arpentent le jardin à la découverte du talent de leur fille.

Pendant plus de 2 ans, elle est allée de prison en prison, a obtenu l’accord de photographier un quotidien méconnu qui fait peur, a capturé des visages, des instants. Elle a parlé avec ces détenus qui attendaient la fin de leur peine. Elle a appris à les connaître et a voulu leur rendre hommage.

Ses photos ne montrent pas la solitude, la douleur, la détresse. Ses photos respirent l’espoir, l’envie, le renouveau. L’espoir d’une seconde chance, l’envie de s’en sortir, de tout recommencer à zéro pour ne jamais se retrouver derrière les barreaux.

Alors, quand elle a commencé à monter son expo, elle n’a pas voulu installer ses photos en intérieur. Elle voulait un endroit ouvert. Un endroit où ses photos puissent vivre, respirer le grand air, recevoir la lumière, le soleil … et même la pluie. Un endroit qui contraste avec l’environnement de ses photos.

Elle a donc trouvé une salle avec un grand jardin et a négocié avec le propriétaire pour y faire installer poteaux et fils à linge pour qu’elle puisse y accrocher ses photos.

Les invités continuent d’arriver, quelques journalistes sont présents, champagne et petits fours circulent. Le vernissage peut commencer.

24 thoughts on “Prendre l’air [Atelier d’écriture #17]

    1. Merci 🙂
      Faudrait soumettre l’idée à de « vrais » photographe (moi je suis bien plus à l’aise avec mon clavier qu’avec un appareil photo :))

  1. Belle idée.
    Ravie de savoir que tu es bordelaise. Quand à moi, je suis bordelaise de coeur; je n’habite pas loin.
    Ce serait bien, si tu acceptes de me rencontrer, aussi. Pour le 6 juillet, pour moi, ce n’est pas possible: je participe à un festival de théâtre. Mais pourquoi pas une autre fois.

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