Objectif Lune #2

semi_marathon_bdx

Refaire le semi-marathon de Bordeaux en 2016 s’est imposé comme une évidence. Lorsque le mail d’ouverture des inscriptions est arrivé fin août, avec le chéri, nous n’avons pas réfléchi très longtemps avant de confirmer notre inscription !

Et puis août … avril, ça nous laissait le temps pour nous entraîner comme il fallait.

En septembre / octobre / novembre, j’ai couru tranquillement, sans me mettre la pression. Sans penser au semi-marathon. Il faut dire qu’avril semblait très loin à ce moment là.

Janvier est arrivé et avec lui les bonnes résolutions de la nouvelle année !

La prépa

Un dimanche matin de janvier, 3 mois avant le semi, le chéri m’annonce qu’il commence sa prépa. Moi fatiguée (et puis bon, c’est dimanche matin quoi ^^), je lui dit que je préfère rester à l’appart mais qu’il peut aller courir. Il rentrera moins de 10 minutes plus tard, la cheville en vrac après s’être pris le pied dans un pavé de la chaussée. Une chute, une petite entorse, la prépa commençait bien ! Je vous rassure, 10 séances de kiné et 3 semaines plus tard, il a pu commencer sa prépa.

De mon côté, c’était un peu plus calme. De nouveau au chômage, je me suis concoctée un petit plan d’entraînement pour progresser doucement mais sûrement (je vous en parlais ici). Les 10 jours suivants, il pleuvait, j’étais fatiguée, je n’avais pas spécialement envie mais je me disais que j’avais le temps. Ou pas ! Car moins d’une semaine plus tard, on me proposait un CDD ! Une bonne nouvelle mais une petite difficulté pour mon plan d’entraînement.

Fin janvier, le temps de reprendre mes marques au boulot, j’ai laissé mes baskets au placard. Mais c’était sans compter sur ma détermination à finir ce semi … et améliorer mon temps de l’an passé (qui était aux environs de 2h35).

Au 1er février, j’ai donc officiellement (adapté et) lancé ma prépa de la façon suivante :

  • Aller au boulot en vélo (9km par jour donc)
  • Bannir l’ascenseur du boulot (ce que j’ai toujours fait en fait) et monter / descendre les 3 étages, au minimum 2 fois par jour.
  • Changer de baskets (les anciennes me causant notamment des douleurs à la cheville)
  • M’inscrire au yoga (1 cours par semaine)
  • Faire 2 à 3 sorties par semaine, dont 1 séance de fractionnés.

Certains soirs, fatiguée du boulot, j’ai du me forcer pour aller courir, mais je pensais à mon objectif et je m’accrochais.

En février, j’ai plutôt bien respecté le planning, malgré une angine qui m’a mise HS quelques jours.

Mars a bien débuté. Mais aux alentours du 15/20 mars, mon envie de courir s’est évanouie. Plus envie, plus de motivation, l’impression que le semi n’allait jamais arriver. Totalement démotivée, j’ai essayé de m’accrocher mais il me manquait un petit quelque chose.

Une semaine avant le semi, mon corps a décidé que c’était l’occasion idéale de choper un virus moitié gastro / moitié grippe. 4 jours à rester dans la canapé, autant vous dire que mon envie d’abandonner le semi était immense.

J’ai malgré tout tenté une petite sortie de 4,5 km (5 jours avant le semi) une fois la gastro finie. Des jambes lourdes, l’impression d’avoir perdu de l’endurance. Bref, pas le moral au top.

Et puis forcément, 4 jours avant le semi … une grosse crise de migraine qui m’a tenue pendant 3 jours et a donc laissé les baskets au placard.

Le vendredi soir, veille de la course, nous sommes allés chercher nos dossards. Mais à ce moment là, je ne savais pas du tout si j’allais prendre le départ …

Bilan de la prépa :

  • Février : 200 km de vélo – 9 sorties – 45km – 2 cours de yoga
  • Mars : 200 km de vélo – 9 sorties – 70 km – 2 cours de yoga
  • Avril : 30 km de vélo – 1 sortie – 4,5 km ^
Le Jour J !

Je me suis réveillée le samedi matin après une « bonne » nuit de sommeil. Au programme, pas de yoga (oui, mon cours est le samedi matin en principe), mais les courses et un tour à la poste. Vers 11h, rentrés à l’appart, on décide du programme : repas à 13h, en attendant repos et l’aprèm sieste, repos et détente. Et dehors ? Bah dehors, il pleut à seau. Ca ne me rassure pas pour le soir.

Vers 11h40, la sonnette retentit. Je pense au facteur qui doit m’apporter une lettre, donc je me précipite à la porte et … Oh ! Bah maman !!! Une maman venue encourager sa fifille en SURPRISE ! Oui, oui, une maman ayant fait un Lille – Bordeaux le matin même en avion, juste pour me voir, me soutenir et m’encourager ! Pour de la surprise … (mon papa devait aussi être de la partie mais malade à son tour, il est resté au chaud à Lille).

Les plans ont donc changés en quelques secondes. Le temps de lui faire un gros bisou et un câlin (et de me remettre de mes émotions) mais aussi de me rendre compte que « on n’a rien à manger pour toi ce midi 😡 ». Bref, en quelques secondes, je n’avais plus le choix : il fallait que je prenne le départ le soir même !!

L’après-midi est passée rapidement, même si elle a été truffée d’angoisse. Pas réussi à faire une sieste ou me reposer, j’ai profité de ma maman, tout en restant au calme car la migraine commençait à refaire son apparition. Une banane a 16h, une dose de stress, un appel à papa, et il était l’heure de se préparer. Entre temps, la pluie avait cessé et le « beau temps » s’était levé. De bonne augure pour le soir.

Vers 18h, nous sommes donc partis tous les 3 vers le village. Un arrêt aux toilettes. Un arrêt à la consigne pour déposer le sac du chéri, mes affaires étant soigneusement gardées par ma maman. Vers 18h30, nous sommes allés rejoindre nos sas respectifs pendant que ma maman et les parents de mon copain, partaient tranquillement vers le km5, où ils avaient hâte de nous apercevoir.

Parvenue dans le sas, le stress a commencé à m’envahir. J’ai passé un dernier coup de fil à mon papa et me suis mise dans ma bulle. A quelques secondes du départ, j’ai envoyé un SMS à ma mère et mon père pour leur signifier mon départ imminent.

Puis j’ai commencé à courir, doucement, je suis passée sous l’arche et c’était parti. Dès les premiers mètres, le public était au rendez-vous, prêt à nous encourager aussi fortement que l’an dernier. Partie doucement sur les premiers mètres, je ne savais pas trop quoi penser dans ma tête. Je n’arrivais pas à déconnecter, à lâcher prise, je pensais à plein de choses, j’avais peur, je doutais de moi, de ma capacité. Je pensais à la distance à parcourir, me demandant si j’allais y arriver, si j’allais arriver au bout.

Passé le 5ème km, arrivée sur le Pont de Pierre, je m’attends à voir mes supporters de choc. Mais avec le monde qu’il y a, je ne suis pas sûre de les repérer. Quant j’entends un « Sandriiine », mais c’est trop tard … je suis passée :D. Je me retourne, fais un coucou et repars, reboostée. Le public est là, encore, toujours. Je continue, je m’accroche, malgré une douleur à l’un de mes orteils du pied droit. Les kilomètres défilent, et à penser à de multiples choses, j’en oublie de penser à mes jambes qui finalement répondent bien. Mon souffle est OK et mon rythme est plus ou moins régulier.

Le parcours par rapport à l’édition précédente a changé, ce qui me perturbe un peu, mais je m’y fais vite. Je continue sur ma lancée.

Km 9 – 57 min. Tout est OK. J’ai envie de marcher mais je n’en ressens pas le besoin. Je continue.

Je tape dans les mains des enfants, ça me rebooste. Je vois les gens applaudir, soutenir. Je continue, je ne lâcherai pas.

Km 14 – 1h28. L’arrivée dans le Jardin Public. L’endroit qui m’a totalement cassé l’an dernier. Je redoute un peu le passage donc j’essaye de ne pas y penser. De continuer à avancer, sans trop réfléchir.

Km 15. La douleur au pied devient difficilement supportable. Je fais un arrêt de quelques secondes. Mes cuisses me préviennent que si je m’arrête d’avantage, elles refuseront de repartir. Je prends en compte le message et je repars, un peu plus doucement mais je repars.

Km 17. Les bénévoles nous annoncent « qu’il ne reste plus que 4 km ». C’est là que j’ai flanché l’an passé. Là que j’ai rencontré le mur. Je ne pense pas à lui. Les cuisses tirent, mais le souffle est toujours bon et la motivation plus présente que jamais. Je jette un coup d’œil à mon temps, je suis aux alentours d’1h50. Je pense au chéri qui doit être sur le point d’arriver.

Km 18. Après un passage un peu relou et difficile à gérer sur les pavés (600m de pavés !!!), je suis obligée de marcher quelques secondes. Mes cuisses m’obligent à repartir mais je n’y arrive pas. Des bénévoles m’encouragent, je me dis que non, cette année, je ne flancherais pas. Je repars en pensant que « peut-être » ma maman sera bientôt sur le côté. Je n’ai pas fait 50 mètres que je l’entends et la vois ! Un coucou et je suis reboostée !!

Les 3 derniers kilomètres passent facilement. Je sais que je peux améliorer mon temps de l’an passé, je sais que j’ai presque terminé, je sens que ça va. Ma douleur au pied est partie (en tout cas, je ne la sens plus), j’avance, je suis sur un nuage, je plane et je prends tous les encouragements du public.

Dernier kilomètre. Les jambes sont là, j’essaye d’accélérer un peu. Je vois que ça répond. Je continue. Dernier tournant, l’arrivée. J’ai tellement repensé aux instants que j’ai vécu l’an dernier que je prends mon temps (tout en continuant d’accélérer ^^) pour savourer l’instant.

Finish line.

2h20 à ma montre. 15 minutes de moins que l’an dernier ! Une grande victoire pour moi.

Je récupère ma médaille et rejoins le ravito. J’aperçois ma maman (qui me dit que ce n’est pas grave d’avoir fait 15 min de plus, que l’important c’est de l’avoir fait. Je lui répèterai 3 fois que j’ai fait « 15 minutes DE MOINS » avant que ça n’arrive au cerveau ^^). Un SMS à mon papa. Un SMS à ma sœur. Je savoure ma victoire.

Je retrouve mon chéri (qui a mis 1h54, soit 4 min de moins que l’an dernier) et nous rentrons tranquillement à la maison, malgré des cuisses qui tirent.

Nous nous arrêtons quelques minutes au passage des marathoniens pour les soutenir. Je n’ai plus de jambes mais j’ai encore de la voix et de la force dans les bras pour les encourager.

Le sommeil fut long à arriver, chaque fois que je fermais les yeux, je revivais ce semi de dingue … et ma victoire d’être arrivée, une seconde fois au bout.

Je suis finisher de mon 2ème semi marathon. Je suis heureuse et fière de moi.

5 thoughts on “Objectif Lune #2

Laisser un commentaire