Une vie à t’attendre – Alia Cardyn

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L’histoire

Qui devient-on dans une vie où des parents disparaissent mystérieusement ? Rose a six ans quand la tragédie se produit. Dans ce quotidien bouleversé, elle grandit avec sa version de l’histoire, ni douce ni porteuse. Qui Rose serait-elle aujourd’hui si elle ne pensait pas qu’ils l’ont abandonnée ? C’est la question que se pose celui qui l’a toujours aimée.

À Bali, seize ans après leur disparition, Rose découvre quelques mots sur un carton. Ils sont les premiers d’un périple essentiel. Comprendre ce qu’il est arrivé à ses parents, tisser un lien puissant avec une mère qu’elle découvre à travers l’écriture, et surtout, commencer à s’aimer.

Mon avis

Rose a 6 ans lorsque ses parents disparaissent, la laissant seule dans cette grande maison. La laissant seule et pleine de doute pour une vie entière. Une vie qu’elle va devoir affronter et construire elle-même avec cette peur constante qu’on l’abandonne. Une vie qui ne sera jamais vraiment paisible. Parce que derrière, il y aura toujours cette question : qu’a-t-elle pu faire de mal pour que ses parents décident de l’abandonner ?

Alors quand elle s’approche de la vérité et d’une révélation qui va tout bouleverser, Rose comprend qu’elle aussi a peut-être le droit d’aimer … et d’être aimée.

Le résumé du roman m’a tenu en haleine dès le début. Une histoire entre roman et enquête, entre suspense et révélation, entre amour et trahison. Et au final, je suis un peu partagée par rapport à cette lecture.

Parce qu’il m’a manqué un petit quelque chose. Parce que j’ai été un peu perdue, autant dans le temps que dans les repères géographiques de l’histoire.

Composée de 2 parties, l’histoire se déroule en 3 temps : le passé, le présent et … le futur ! Enfin, le futur pour nous, car dans l’histoire, j’ai supposé que ce futur correspondait au présent de Rose.

Le roman est donc fait de beaucoup de flashbacks, une fois on est en 1996 au moment de la disparition des parents de Rose, le chapitre d’après nous emmène en 2012, au moment où Rose part pour Bali, où elle va découvrir une partie de la vérité, puis on revient en 1996 pour découvrir les premiers jours d’une petite Rose orpheline, pour repartir en … 2017, avant de retourner en 1996, en 2000 puis à nouveau en 2012. Et encore après, on découvre une partie de l’histoire de Gabrielle, la mère de Rose, qui cette fois se déroule à la fin des années 1980. Sachant que les chapitres sont assez courts, cela aurait pu offrir du dynamisme au roman, mais cela prête à confusion et ne m’a pas laissé le temps de véritablement m’accrocher aux personnages et aux situations.

Essayant tant bien que mal de m’accrocher et de me souvenir des différents personnages (qui ne sont pas nombreux heureusement), j’ai également été perturbée par certaines prises de parole au cours du roman. Si Rose est la narratrice, certains chapitres sont narrés par un autre personnage, que l’on ne connaît pas. Il faut donc quelques phrases d’adaptation avant de comprendre que quelqu’un d’autre raconte l’histoire, sans dévoiler son identité.

Le point de départ du roman promettait beaucoup. Malheureusement, j’ai trouvé que l’histoire manquait de profondeur. On a un suspense qui nous retient malgré tout, mais les révélations que l’on espère bouleversantes ne le sont pas tant que ça. D’autant que la vérité se dessine au fur et à mesure et qu’il n’y a pas vraiment de grande révélation à mon sens.

J’imaginais aussi en apprendre plus sur la façon dont Rose partait en quête de son identité, la façon dont elle se construisait, dont elle grandissait, mais je crois que ce jeu de “flashback” a pris trop de place et n’a pas laissé au personnage principal l’importance qu’elle aurait pu avoir.

Si l’écriture est talentueuse et prenante, je reste un peu sur ma faim quant à cette lecture.

A travers “Une vie à t’attendre”, Alia Cardyn signe un premier roman avec un talent indéniable. Malheureusement, le roman perd de son intensité au fur et à mesure de la lecture. Si l’écriture est fluide et agréable, le manque de dynamisme de l’histoire déçoit un petit peu.

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Une vie à t’attendre d’Alia Cardyn, Editions Charleston, 272 pages, 18€

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