Les gens dans l’enveloppe – Isabelle Monnin

« Les gens dans l’enveloppe » est un livre particulier.
Sur la base de photos achetées sur Internet, Isabelle Monnin a inventé une histoire,
mené une enquête … et, avec Alex Beaupain, mis en musique le tout. Un régal !

Les gens dans l'enveloppe - Isabelle Monnin avec Alex Beaupain - JC Lattes

L’histoire

En juin 2012, j’ai acheté sur Internet un lot de 250 photographies d’une famille dont je ne savais rien. Les photos me sont arrivées dans une grosse enveloppe blanche quelques jours plus tard. Dans l’enveloppe, il y avait des gens à la banalité familière, bouleversante. Je n’imaginais alors pas l’aventure qu’elle me ferait vivre.

J’allais inventer la vie de ces gens puis je partirais à leur recherche. Un soir, j’ai montré l’enveloppe à mon meilleur ami, Alex Beaupain. Il a dit : « On pourrait aussi en faire des chansons. » L’idée semblait folle.

Le livre contient un roman, un album photo, le journal de bord de mon enquête et un disque, interprété par Alex, Camelia Jordana, Clotilde Hesme et Françoise Fabian. Les gens de l’enveloppe ont prêté leur voix à deux reprises de chansons qui ont marqué leur vie.

Les gens dans l’enveloppe est ainsi un objet littéraire moderne et singulier. Faisant œuvre de vies ordinaires, il interroge le rapport entre le romancier et ses personnages. Il est surtout l’histoire d’une rencontre, entre eux et moi.

Mon avis

La première fois que j’ai entendu parler du roman « Les gens dans l’enveloppe » d’Isabelle Monnin, c’était chez Leiloona du blog Bric a Book. Un roman comme un clin d’œil à l’atelier d’écriture qu’elle organise chaque semaine depuis plusieurs mois (année ^^) maintenant (mais auquel je n’ai malheureusement plus assez de temps à consacrer).

L’histoire du roman est assez simple : à partir de photos qu’elle a achetées sur Internet, Isabelle Monnin invente une histoire à des gens. Des gens dont elle ne connaît rien, ni l’âge, ni les prénoms, ni les liens de parenté … ni l’histoire. Elle invente.

Dans la première partie du roman, elle créé des personnages, nous entrainant peu à peu dans une vie faite de nostalgie, de tristesse, de vie aussi. Elle ne connaît pas ces « gens dans l’enveloppe » pourtant elle les fait vivre, leur donne une âme, un caractère, des idées, des douleurs … des questions.

Concernant cette première partie, j’ai été un peu surprise par le style d’écriture d’Isabelle Monnin, que je ne connaissais pas avant. Mais après quelques pages, je me suis laissée entrainer, oubliant presque que l’histoire racontée partait de photos réelles qui ne laissait rien transparaitre de la vérité qu’elles cachaient.

La seconde partie du roman tient de l’enquête. Ou plutôt, c’est la retranscription du journal de bord, tenu par Isabelle Monnin, alors qu’elle cherchait à mettre une vérité sur les photos en sa possession. Car, après avoir inventé des personnages, des vies, des passés … elle s’est mise en tête de retrouver les « vrais » « gens dans l’enveloppe ».

Avec un naturel et un style qui est loin de celui de la première partie du roman, on se laisse prendre. On espère, on lit, on vit l’enquête avec elle.

Et on sourit. De ses coïncidences qui semblent bien trop folles pour êtres vraies. On sourit de cette histoire si touchante qu’elle nous livre. On découvre les vrais « gens dans l’enveloppe ». Avec pudeur. Avec respect. Avec émotion.

Parce qu’au delà d’une simple histoire imaginée et romancée, Isabelle Monnin nous présente une famille qui a vécu. Une vraie famille, qui a sa propre histoire, son propre passé, ses propres douleurs. Et sa propre identité.

Entre imagination et réalité, Isabelle Monnin partage un double-livre émouvant et touchant. D’un côté, un roman poignant plein d’amertume et de douleur. D’un autre côté, une enquête, pleine de douceur et de bienveillance, pleine de respect et de pudeur pour cette famille qui se trouve mise à nue, ou presque. Cette famille, touchante, qui a accepté de se prêter au jeu de l’auteur. Cette famille qui ressemble à tant d’autres, mais qui dégage pourtant une émotion bien particulière.

NOTE 5/5

La musique

Au delà du roman et au-delà de l’enquête, Alex Beaupain a mis en musique des chansons inédites, ou non, qui racontent de nouveau, et de façon très différente l’histoire et l’enquête d’Isabelle Monnin.
J’avais écouté les musiques avant de lire le livre. Pourtant, à la lecture de l’enquête, les chansons et les paroles ont pris un tout autre sens.
Alors j’ai ré-écouté le CD. J’avais déjà saisi l’émotion avant la lecture, mais je l’ai ressenti encore plus après. Car ce sont toujours les mêmes émotions qui reviennent : le respect, la simplicité, le naturel … la pudeur aussi.
Un joli complément à ce roman et à cette enquête.

Les gens dans l’enveloppe (Livre + CD) d’Isabelle Monnin avec Alex Beaupain, Editions JC Lattes, 370 pages, 22€

One thought on “Les gens dans l’enveloppe – Isabelle Monnin

  1. J’avais découvert ce livre sur On n’est pas couché quand Isabelle Monnin y était passée et depuis j’ai véritablement envie de lire ce livre, sans vraiment en avoir le temps. Tu me redonnes encore plus envie de le lire, je trouve que le concept est vraiment génial !

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