Les divins secrets des petites ya-ya – Rebecca Wells

Les divins secrets des petites ya-ya - Rebacca Wells - Editions Charleston

L’histoire

« Une danseuse de claquettes maltraite ses enfants… » Quand Vivi Walker lit dans le Sunday New York Times le portrait que brosse d’elle sa fille Siddy, metteur en scène à succès, elle la renie sur-le-champ. Afin d’aider à renouer le dialogue entre la mère et sa fille, les amies intimes de Vivi finissent par la persuader d’envoyer à Siddy son album souvenir : « Les divins secrets des petites ya-ya ».

Siddy va alors plonger dans l’univers des ya-ya, du nom cajun que les quatre amies se sont donné lors de leur folle jeunesse en Louisiane. Elle découvre un petit groupe à part, soudé par une amitié que rien n’a jamais pu affaiblir. À
travers ces souvenirs fragmentés, Siddy découvre une image inattendue de l’exubérante Vivi, une femme meurtrie que seul le soutien indéfectible de ses amies a pu maintenir debout.

Mon avis

Avec « Les divins secrets des petites yayas », les éditions Charleston proposent un livre qui a déjà eu beaucoup de succès par le passé.

L’histoire est celle de Siddy. Celle de sa mère, Vivi, aussi. Mais elle est surtout l’histoire des ya-ya, le groupe formé par sa mère et ses 3 amies Necie, Teensy et Caro. C’est également l’histoire d’une rancœur d’une femme envers sa fille. L’histoire d’une fille qui en veut aussi un peu à sa mère, peut-être parce qu’elle ne la connaît pas assez. Parce que cette mère ne s’est jamais vraiment confiée, torturée par des démons intérieurs.

L’histoire des « Divins secrets des petites ya-ya » débute par un conflit entre Siddy et Vivi. Siddy qui, lors d’une interview au New York Times, a dit des choses malheureuses sur sa mère. Alors oui, Vivi n’a peut-être pas été la meilleure mère qu’il fut, mais elle a essayé de toutes ses forces. Alors qu’elles vont s’éloigner l’une de l’autre, Siddy va se renfermer sur elle-même.

Mais très vite, l’album des divins secrets que lui envoie sa mère, sur ordres des ya-ya, va permettre à Siddy de se plonger dans les souvenirs de sa mère et d’apprendre à mieux la connaître. Si Vivi refuse de lui parler, ses amies en revanche vont être présentes pour elle. Pour l’aider, l’accompagner. Pour qu’elle ne passe pas à côté de l’essentiel et qu’elle comprenne pourquoi les choses sont ainsi aujourd’hui et à quel point Vivi a souffert. Souffert de la vie, souffert de ses parents, souffert à cause de l’amour.

Entre les souvenirs du passé de sa mère auxquels vont parfois s’ajouter les siens, sans oublier ses diverses prises de conscience, les sentiments de Siddy vont être mis à rude épreuve. Des sentiments qui vont être exacerbés par le silence que lui impose sa mère. Des sentiments qui vont décupler quand les amies de sa mère s’ouvrent à elle.

Si l’histoire est très émouvante, j’ai eu un peu de mal à entrer dedans. Je crois que j’ai surtout été perdue par la chronologie des événements. Alors que Siddy est dans le présent, les souvenirs de Vivi s’intègrent dans le récit et perturbent un peu la lecture. Néanmoins, une fois que l’on a compris la construction du roman, la lecture est plus simple.

J’ai trouvé qu’il y avait également beaucoup de descriptions, qui donnent parfois une sensation de lenteur à la lecture. Mais je crois que ce sont dans ces moments là que l’on ressent le plus d’émotions.

L’amour et l’amitié sont au cœur de ce roman. L’amour d’une mère pour sa fille. L’amour d’une fille pour sa mère. Un amour maladroit que l’on voudrait autre. Un amour qu’on croit ne pas avoir su construire et que l’on préfère détruire pour éviter de souffrir.

Et l’amitié. L’amitié de celles qui ont toujours été à nos côtés et qui sont là pour que l’amour retrouve son chemin. L’amitié de celles qui ont connu la souffrance et qui sont là pour l’expliquer, pour réconforter, pour avancer.

La souffrance est également un thème fort de ce roman. La souffrance que l’on a subit et celle que l’on fait subir. A soi-même. Aux autres. Juste parce qu’on ne sait pas faire autrement. Juste parce que la peur de souffrir à nouveau est trop forte. Parce que la gestion de cette souffrance semble au-delà des forces.

« Les divins secrets des petites ya-yas » nous plonge dans une sorte de huit clos entre une fille et sa mère. Une relation silencieuse et destructrice que seuls l’amour et l’amitié des proches pourra sauver, apaiser … et faire renaitre pour le plus grand bonheur de tous.

NOTE 3/5

Les divins secrets des petites ya-ya de Rebecca Wells, Editions Charleston, 544 pages, 8,90 €

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