Nous n’avons pas fini de nous aimer – Danielle Mérian – Tania de Montaigne

Nous n'avons pas fini de nous aimer - Danielle Mérian - Tania de Montaigne - Editions Grasset

L’histoire

“Le lendemain du 13 novembre, je suis sortie, comme des milliers d’autres, avec une fleur pour les morts. Là, un micro s’est tendu et j’ai dit, simplement, ce en quoi je crois. J’ai dit, Paris est une fête, le roman d’Hemingway, est une belle réponse à Daech. J’ai dit, nous fraterniserons avec cinq millions de musulmans et nous nous battrons contre dix mille barbares. C’est sorti comme ça, c’était l’évidence, la fraternité d’abord.”

En 28 secondes d’interview télévisée, instantanément relayées dans le monde entier, Danielle Mérian, 78 ans, est devenue l’incarnation d’un sursaut vital, d’une résistance généreuse aux puissances mortifères qui ont attaqué Paris le 13 novembre 2015.
Avocate, militante infatigable contre la torture, la peine de mort et l’excision, Danielle Mérian raconte son parcours de femme libre. Elle montre que l’engagement est le meilleur moyen de tenir bon face à l’adversité et de reprendre en main notre destin, ensemble, debout, inlassablement.

Mon avis

Elle était là. La bonne personne. Au bon moment. Avec les bons mots comme on dit souvent. Et j’en viens à me demander comment on s’en serait sortis sans cet engouement pour elle. Parce que, et je pense que je ne suis pas la seule, mais en découvrant l’intervention de Danielle Mérian au lendemain des attentas du 13 Novembre 2015, j’ai souri. J’ai vu une petite lueur, j’ai osé croire que l’espoir était (encore) possible. Que l’avenir nous appartenait malgré le massacre qui venait de se passer. Quelqu’un d’autre s’en serait peut-être chargé à sa place, aurait prononcé d’autres mots, plus tard, mais finalement, c’est elle qui était là, devant la caméra. Elle qui m’a redonné mon premier sourire après ces heures d’atrocités.

C’est naturellement que j’ai eu envie de découvrir « Nous n’avons pas fini de nous aimer », l’histoire de Danielle Mérian, livrée par Tania de Montaigne. Je suis partie, sous la pluie, j’ai attrapé mon exemplaire, ajouté « Paris est une fête » que je n’ai jamais lu. Et je suis rentrée chez moi. Sous mon plaid, je me suis laissée porter par l’histoire de cette femme, par sa force, son courage, ses convictions, ses mots.

À travers « Nous n’avons pas fini de nous aimer », ce n’est pas un énième témoignage autour des attentats qui nous est livré. Non, c’est un témoignage plein d’émotion, qui retrace le parcours d’une femme qui a marqué les esprits en moins de trente secondes. Une femme qu’on a découvert, dont on ne savait rien, et qui se révèle être une sacrée femme !

Au lendemain des attentats, on aurait pu croire que l’espoir surgirait de la jeunesse, car c’est surtout cette jeunesse qui a été touchée et meurtrie. Et finalement, c’est Danielle Mérian, 78 ans, qui en sait tellement sur la vie, sur l’injustice, sur la douleur, sur l’horreur qui a chamboulé beaucoup d’idéaux.

Avec des mots simples et touchants, elle nous raconte son « 14 novembre ». Elle nous livre aussi son enfance, les guerres, les difficultés, ses combats. Un témoignage qui remet la vie et l’espoir au cœur du quotidien, un témoignage qui démontre qu’à l’époque on n’avait pas besoin d’internet pour se sentir concernés par certaines injustices, pour agir, même si elles se déroulaient à des centaines, des milliers de kilomètres de nous. Des paroles touchantes qui nous prouve que non, l’espoir n’est pas mort. Qu’il faut rester debout, agir. Ensemble. Que la haine n’a pas sa place, qu’il ne faut pas réagir sans réfléchir.

Ce livre est à l’image des quelques mots que Danielle Mérian a prononcé devant une caméra sans savoir ce qui s’en suivrait : de la douceur, de la puissante, de l’espoir, de l’amour, beaucoup d’amour, de l’envie d’avancer ensemble, de l’importance de ne pas se perdre, de rester unis, de ne pas se haïr, d’apprendre, de comprendre, de ne pas avoir peur.

« Nous n’avons pas fini de nous aimer » est un témoignage de vie, un témoignage d’amour. Un livre qui parlera à tout le monde, jeune ou moins jeune. Des mots qui donnent de la force et de l’espoir. Des paroles à ne pas oublier. Tout comme ce 13 Novembre que l’on n’oubliera jamais. Tout comme l’espoir et la fraternité qu’il ne faudra jamais – JAMAIS – oublier et mettre de côté.

NOTE 5/5

Nous n’avons pas fini de nous aimer de Danielle Mérian et Tania de Montaigne, Editions Grasset, 144 pages, 15€

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